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je sculpte, je pleure et je pense qu’à la fin il y aura une foule d’hommes nus debout regardant loin devant eux, qui marcheront dans l’écume.
Que ce sera une forme de résolution de tout, de paix.
Cette paix, la vivre maintenant les mains dans la matière, et la donner à voir, un jour, on ne sait pas quand.
Offrir à voir quelque chose qui peut-être apportera une poésie, un angle de vue différent, une longueur d’ondes différente, à l’interprétation du monde pour celui qui la voit.
J’écoute Olafur Arnalds et je pense que ce qui est au coeur de nous, au-dessous de toutes les couches de réflexions, de peurs, de colère et de doutes, au-dessous de nos identités, de nos places dans l’histoire, de nos trucs socio-humains; ce qui est au coeur de nous caché, inatteignable, et incontrôlable, est nourri et reste vivant et fertile par cela: la recherche opiniâtre et endurante et sans trêve de quelque chose d’ineffable, d’absolument et irrationnellement juste, qui se donne dans l’art.
Qui se partage, qui nous sauve de la bêtise, de la brutalité et de la peur.
N’oublions jamais de nous nourrir de cela, même quand notre esprit et notre souffle sont accablés par l’injustice.
N’arrêtons jamais de créer, pour que la liberté et la paix existent quelque part.
-Avril 2020-